DEROULEMENT D'UNE EXPEDITION

 

 

1/ Recherche historique en archives

 

La recherche en archives est d'une importance capitale dans cette activité. Souvent longue, elle doit cependant être toujours méticuleusement menée à bien. Elle permet de définir avec exactitude l’épave recherchée et la méthodologie qu’il va falloir lui appliquer, d'en évaluer l'intérêt, de faciliter sa localisation et son identification ultérieure. Cela fait gagner du temps et de l'argent.

 

 

 

 

2/ Information locale

 

Cette information provient souvent des pêcheurs et marins. Ces derniers détiennent des renseignements capitaux pouvant compléter la recherche en archives (fragments de porcelaine ou autres vestiges sur le rivage, légendes locales de naufrage, dangers sous-marins pour les filets, anomalies topographiques des fonds…).

 

 

3/ Permis

 

Il s’agit d’une des étapes les plus délicates de cette activité.

Il faut posséder un véritable savoir-faire pour obtenir les permis de concession pour la localisation et la récupération, en s’appuyant sur des contacts locaux placés aux plus hauts niveaux de l’administration locale.

 

 

4/ Localisation / identification

 

On peut considérer deux types d'épaves :
            - les épaves anciennes (bois).
            - les épaves modernes (métal).

On petit considérer deux types de profondeurs :
            - les épaves peu profondes.
            - les épaves profondes.

La seule méthode efficace pour localiser une épave est de quadriller systématiquement la zone de recherche.
Facile dans son principe, cette méthode se révèle parfois difficile en raison des conditions particulières de travail (mauvais temps, courants, marées...).
Un système de guidage couplé avec un système de navigation très précis est nécessaire.
Nous devons enregistrer la distance parcourue en tenant compte du fond de la mer : rochers, algues, sable, vase, corail, roches...

 

a/ Observation visuelle :

 

Dans les eaux peu profondes, nous utilisons des plongeurs pilotant des scooters sous-marins. Ils progressent en spirale autour d'un point ou en ligne en quadrillant systématiquement la zone de recherche.

 

 

Dans des profondeurs de 15-20 mètres, nous pouvons utiliser la photographie aérienne. Cependant, ces techniques ne peuvent détecter tous les vestiges

 

Dans des eaux plus profondes, nous pouvons utiliser un R.O.V., véhicule téléguidé équipé d'une caméra vidéo reliée en circuit fermé à un écran de contrôle en surface.

 

b/ Observation électronique :

Les techniques décrites ci-dessus ne peuvent être utilisées si la visibilité est mauvaise ou si les épaves sont enfouies. Par conséquent, à partir d'un bateau, nous utilisons un certain nombre d'équipements sophistiqués en fonction de la précision requise (nature des épaves, nature des sites). Un système de relevés sonores du fond constitué de deux transducteurs sonars (émetteur-récepteur) qui sont le sonar latéral et le sonar à pénétration de sédiments.
Chacun de ces deux sonars émet, latéralement et perpendiculairement à la route suivie, un large faisceau d'ondes ultrasonores qui viennent se réfléchir sur le fond. Les variations des réponses acoustiques sont ensuite enregistrées graphiquement, reproduisant une image acoustique du fond de la mer, en faisant apparaître tous les accidents du relief : rochers, ancres, canons…

La présence à bord des épaves de plusieurs dizaines de canons, de boulets, d'ancres, de chaînes, de clous… crée une masse ferreuse importante qui provoque une perturbation du champ magnétique ambiant. Grâce au magnétomètre à protons à haute sensibilité, nous pouvons détecter ces anomalies magnétiques et ainsi localiser les épaves.

Un système de positionnement par satellite (GPS) du navire de localisation permet de le positionner avec une précision de + ou - 5 mètres, assurant ainsi avec certitude la couverture de toute la zone de recherche. Ce système permettra de retrouver les épaves chaque fois que nécessaire, sans avoir recours aux classiques moyens de balisage.

Un système de positionnement acoustique sous-marin (PISM) utilise un principe d'interférométrie sur bases courtes pour effectuer des relevés topographiques sous-marins de haute précision assisté par ordinateur.

Après la découverte de l'épave et avant d'entreprendre la fouille, nous devons absolument confirmer son identité en prélevant par sondages, carottages ou saignées quelques échantillons de ses vestiges et de sa cargaison.

 

Une fois assurés de son identité, nous pourrons effectuer (avant d'entreprendre la fouille proprement dite) une prospection plus approfondie afin de relever les principales caractéristiques dimensionnelles du site et en connaître l'homogénéité et l’étendue. Pour ce faire nous utiliserons des détecteurs de métaux sous-marins.

 

 

 

5/ Etude & récupération

 

Avant d'entamer toute récupération, il est impératif d'enregistrer le site de façon très précise.

Des méthodes de stéréophotogrammétrie seront utilisées après qu’un carroyage souple ou rigide (quadrillage numéroté) ait été installé sur le site complet de l'épave.

 

 

Tout au long des différentes phases de la fouille, une étude "in-situ" avec plans d'ensemble et de détails, photos et dessins sera effectuée.

 

La technique et le matériel de fouille utilisés sur ce type de chantier sont la suceuse à air et/ou suceuse à eau (aspirateurs sous-marins), la lance galeazzi, les marteaux-piqueurs sous-marins.

Des compresseurs (haute et basse pression) alimenteront les systèmes narguilé et les marteaux – piqueurs.

 

La récupération des vestiges se fait à la main. Ils sont remontés à la surface dans des paniers fixés à des parachutes remplis d'air (spécialement pour les canons).

 

 

6/ Traitement / Conservation

 

L'eau de mer est particulièrement agressive avec les vestiges qui sont naturellement sensibles au changement de milieu (eau de mer vers l’air libre). Les matières organiques disparaissent en premier, les métaux subissent une corrosion importante. La céramique, le verre et la pierre se corrodent aussi.
A l'inverse, quelques sédiments (comme l'argile ou la vase) protègent les vestiges, en les isolant de l'action directe de l'eau salée.

Lorsque les objets dégagés et les structures encore existantes sont remontés à la surface pour être étudiés dans des locaux aménagés sur place en laboratoire, il faut faire attention de ne pas les exposer trop longtemps à l'air.

Nous devons, après un diagnostic d'altération, démarrer immédiatement un travail sophistiqué de nettoyage, de traitement de stabilisation, de préservation et de consolidation (bacs à électrolyse, par ex.).

 

Ensuite, les vestiges seront étudiés : photos, pesage, rayons X, dessins…

Le traitement des petits objets de bois de valeur archéologique sera réalisé au moyen de la méthode Oris-Nucléart : consolidation par imprégnation d'une résine styrène-polyester, polymérisée par irradiation gamma. Pour le traitement des objets métalliques, il est envisagé de donner la préférence aux techniques de déchloruration électrochimique expérimentées avec succès par la Division des Études et Recherches de Electricité de France (EDF).

Les vestiges récupérés feront également l'objet d'un inventaire mis à jour au fur et à mesure de l'avancement des fouilles et des traitements de conservation, auquel seront associées les estimations de leur valeur. De plus, une formation de techniciens locaux sera prévue afin de faciliter les traitements sur place.

 

 

7/ Promotion & ventes

 

Une fois les vestiges remontés, traités et exportés, une campagne de promotion internationale sera lancée à travers les médias (télévision, radio, journaux, magazines, presse spécialisée, Internet) afin de préparer la mise sur le marché des vestiges.

 

Les vestiges récupérés sont principalement :

- Porcelaines;

- Pierres précieuses;

- Monnaies d’or et d’argent + lingots poinçonnés;

- Métaux précieux (barres, galettes, etc.);

- Bijoux et pièces d’orfèvrerie;

- Instruments de navigation (astrolabes, compas, etc.);

- Objets personnels des marins;

- Armes (canons, épées, sabres, etc.);

- Objets divers (cloche, ancres, etc.).

 

 

 

Dans un premier temps, une sélection des vestiges les plus remarquables (environ 10% de l’ensemble) est vendue aux enchères publiques, lors d’une semaine d’évènements.

Cette vente est un puissant outil de promotion et de communication auprès du grand public.

 

Ensuite, les vestiges restants sont vendus de la façon suivante :

-  Ventes prioritaires aux musées internationaux et collections privées ;

- Ventes publiques organisées par de grandes maisons internationales de ventes aux enchères (ex: Sotheby’s, Christie’s, Bonhams, Bergé…) à Hong-Kong, Paris, Amsterdam, Zurich, Londres, New York ;

-  Ventes par Internet.

 

Un premier partage des profits des ventes est effectué sur une base de 50/50 avec le gouvernement local.

 

Puis, les investisseurs sont remboursés, en priorité et en totalité, de leur investissement initial.

 

Après ce remboursement, les investisseurs et les promoteurs de l’expédition se partagent respectivement les bénéfices nets à hauteur de 50% pour les investisseurs et 50% pour les promoteurs.

 

 

8/ Valorisation

 

Un des aspects importants de notre activité est d'assister les pays d'accueil (très souvent en voie de développement) en valorisant les vestiges culturels qui font partie de leur patrimoine. Nous les aidons donc dans la création d’un musée qui génèrera un développement touristique et culturel. Dans le futur, on peut imaginer de créer une équipe d'architectes et de conservateurs qui pourront, à la demande des pays, les assister dans la mise en valeur muséographique de leur patrimoine culturel récupéré. Ils pourront, de plus, former des locaux à leurs techniques de gestion et maintenance des musées.

Cette activité devra être organisée par notre Fondation qui recevra un pourcentage sur les ventes et ainsi établir la crédibilité et la respectabilité du projet en lui permettant aussi d'obtenir des parrainages publics ou privés. L'étude des épaves sera publiée dans des revues scientifiques pour les spécialistes et dans des publications populaires pour le grand public.

 

Un film TV et une exposition itinérante à travers les plus grandes capitales mondiales pourront être organisés.

Ces actions offrent plusieurs opportunités : elles permettent de partager avec le plus grand nombre le patrimoine esthétique et culturel mis à jour, de contribuer à la notoriété du projet d'une manière participative, d'augmenter la valeur commerciale des vestiges mis en vente et d'intéresser des sponsors à l'ensemble de l'opération.

 

 

D’autres actions pourront être envisagées, générant ainsi des sources de profits complémentaires :

- Conférences ;

- Actions de merchandising ;

- Sponsoring de prestige ;

- Droits écrits, audiovisuels et vidéo ;

- Show permanent sur le thème de la recherche de trésors sous-marins.

 

Une partie des bénéfices ira à une œuvre caritative. 

 

 

9/ Sécurité

 

Nous sommes particulièrement sensibles à la sécurité des membres de l'équipe, des vestiges récupérés et des équipements sur les sites durant la durée totale des expéditions. Nous utilisons (si nécessaire) notre propre service de sécurité (afin de limiter les risques de fuite d'informations) spécialisé dans la protection. Il est hors de question de risquer la vie de nos employés, quel que soit le profit escompté.